Le drone nouvel outil de l’expertise

La technologie évolue, l'expertise aussi !

Quand il était obligatoire d'installer des infrastructures lourdes, telles des échafaudages ou nacelles, ou encore d'avoir recours à des cordistes, il est désormais souvent possible de piloter un drone qui inspecte par les airs les zones sinistrées d'accès difficile.

Exemples de prestations :

  • détection de défaillances des panneaux photovoltaïques grâce à une caméra de prises de vue thermographique,
  • relevés de fissures ou de jauges situées sur une façade en hauteur,
  • toute inspection de sinistre difficile d'accès ou en zone dangereuse (grêle, inondations, incendie, etc.).

Les avantages de cette nouvelle technologie sont la rapidité et la facilité de mise en œuvre qui permettent une économie conséquente sur ce type d'interventions.

Télépilote professionnel depuis juin 2018, j'opère sur un drone Phantom 4 Pro (moins de 2 kg et très agile) équipé de caméras photographique et thermique.

 

Inspection par drone d'une toiture en panneaux photovoltaïques


Repérage de défauts sur toiture en panneaux photovoltaïques à l'aide d'une caméra FLIR adaptée sur un drone PHANTOM 4 Pro

 

Repérage d'une anomalie sur panneau photovoltaïque par caméra thermique


Détection d'une anomalie thermique

La chambre d’équilibre de pression – Fonctionnement

Le fonctionnement de la chambre d'équilibre de pression est basé sur la taille respective des orifices ou interstices en amont et en aval de celle-ci par rapport à la circulation d'air :

Le débit d'air qui passe au travers d'une ouverture pratiquée dans une paroi est donné par la relation[1] :

Relation du débit d'air dans une ouverture

 

 

avec :

k = coefficient caractéristique de la forme de l'ouverture (perte de charge et zone de contraction)
S = section de l'ouverture en m²
ΔP = différence de pression de part et d'autre de la paroi en Pa

Sous une différence de pression de ΔP=100 Pa, les débits d'air mesurés en laboratoire pour des trous circulaires dans une paroi mince sont les suivants [2] :

Débits d'air mesurés dans trous circulaires d'une paroi

 

Si on place en série les trous de diamètre 40 mm et 20 mm, la différence de pression au droit du trou de diamètre 40 mm, correspondant au débit permis par le trou de diamètre 20 mm, sera de :

Différence de pression pour trous de 40 et 20mm

Pour un débit équivalent, la différence de pression de part et d’autre du trou de diamètre 40 mm ne représentera donc que 15 % de la différence de pression de part et d’autre du trou de diamètre 20 mm.

Chambre d'équilibre de pression

 

Lorsque l'on place en série (de part et d'autre d'un volume dénommé "chambre d'équilibre de pression") deux orifices sur le passage de l'air dans une paroi, ces deux orifices étant respectivement en contact avec les ambiances intérieure et extérieure, il s'établit un équilibre des débits déterminé par le trou le plus petit qui est exprimé par la relation suivante :

Equilibre des débits dans la chambre d'équilibre de pression

 

En considérant la pression Pi comme nulle et la pression Pe comme l'écart de pression existant entre les deux faces sur la paroi extérieure, la formule se simplifie comme suit :

Ecart de pression dans la chambre d'équilibre de pression

 

En pratique, pour qu'un joint soit étanche à l'eau, malgré la présence d'eau sur la face extérieure et une pression d'air permanente, la section des ouvertures débouchant sur l'extérieur devra être au moins 5 fois supérieure à la section des ouvertures débouchant sur l'intérieur, ce qui garantit un fonctionnement correct de la chambre d'équilibre de pression.

 

[1] AFNOR, 1980, NF P 20-302 : Caractéristiques des fenêtres, p. 2-3.

[2] Mesures de calibrage du banc d'essais de CFEM à Garonor – 1985 (ces valeurs sont indicatives, car variables selon la configuration).

 

Infiltrations sur les fenêtres et les verrières – Généralités expertise

Une des fonctions les plus importantes des fenêtres, verrières et parois légères est leur étanchéité à l'eau. En effet, les carences dans ce domaine peuvent entraîner des dégâts importants à l'intérieur des immeubles (infiltrations) et sont l'une des principales sources de réclamations.

L'étanchéité à l'eau d'une paroi est, pour l'essentiel, le résultat d'une organisation judicieuse des dispositions constructives des joints (au sens d’interstices linéaires et non de profilés élastomères) entre les différents constituants de la paroi (panneaux, parties mobiles, modénatures etc.). Il n'est donc pas inutile de détailler ce qui fait qu'un joint est étanche à l'eau.

On observe généralement que les fenêtres équipant les immeubles anciens préservent correctement des entrées d'eau alors qu'elles présentent une étanchéité à l'air médiocre, puisqu'elles ne sont équipées d'aucun profilé élastomère d'étanchéité.

Sur ces fenêtres, seules la forme et l'organisation des joints entre ouvrant et dormant assurent l'étanchéité à l'eau, indépendamment de la forte perméabilité à l'air.

Les infiltrations d'eau au travers des parois sont dues à la combinaison des trois conditions énoncées ci-dessous :

  • la présence d'eau sur la face extérieure de la paroi (la pluie battante ou ruisselante) ;
  • la présence des joints constituant des ouvertures au travers de la paroi ;
  • la présence de forces poussant l'eau de l'extérieur vers l'intérieur (le vent).

Si au moins l'une de ces conditions est éliminée, l'eau ne pénétrera pas à l'intérieur.

La présence de l'eau sur la face extérieure de la paroi, notamment lors des précipitations, ne peut être évitée.

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Défauts d’étanchéité à l’eau d’une fenêtre homologuée

La pérennité de l'étanchéité à l'eau d'une fenêtre est, pour l'essentiel, le résultat d'une combinaison judicieuse des savoir-faire adoptés pour concevoir les joints (au sens d’interstices linéaires et non de profilés élastiques) entre ses différents constituants (dormants, parties mobiles, reliefs externes et internes aux feuillures).

C’est ce qu’avaient compris les rédacteurs des premières normes concernant les fenêtres, dont la NFP24-301, destinée plus particulièrement aux fabricants de fenêtres métalliques.

Cette norme définissant les moyens et qui visait à l’époque les fenêtres traditionnelles est tombée progressivement en désuétude, puisque la plupart des menuiseries actuelles (le plus souvent à rupture de pont thermique) ne relèvent plus directement de cette norme.

De nombreuses conceptions visées aujourd’hui par des avis techniques ou des certificats d’homologation ne respectent donc plus les règles de conception de cette norme pourtant pleine de bon sens.

Cependant, les modes de pénétration de l’eau au travers des joints d’une fenêtre n’ont pas changé et une infiltration d’eau au travers d'une menuiserie reste tout aussi inacceptable que par le passé.

Cette norme reprenait les principes de ce que l’on a coutume d’appeler la ʺdouble barrière d’étanchéitéʺ.

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Verre trempé – Difficultés du diagnostic des casses

Dans la plupart des cas de bris, les vitrages rompus ont partiellement ou totalement disparu avant que des examens concernant les causes de leur disparition n'aient été pratiqués.

Il n'est donc pas possible, dans bien des cas, de déterminer l'origine de la casse autrement que par l'observation des dégâts sur les composants voisins moins fragiles encore en place et présentant les traces des mêmes agressions ou en observant méticuleusement les vestiges des parties du vitrage encore en œuvre.

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RT2012 ou RT2005 – Le contrôle de la conformité

Les mesures de perméabilité des façades

Aujourd'hui, les façades légères sont soumises à des critères de perméabilité extrêmement restrictifs et de nombreux litiges naissent après la construction, remettant en cause la perméabilité à l’air des façades alors qu’elles étaient justifiées par un classement AEV.

La pratique actuelle consiste à tester en laboratoire un élément de façade, de manière à en valider les performances au regard d’une norme qui considère la perméabilité comme un élément du confort, pour des pressions comprises entre 50 et 600 pascals.

Le prototype du concept utilisé est classé AEV, puis reproduit industriellement en usine et monté sur le chantier pour constituer la façade au plus près des caractéristiques obtenues lors de cet essai.

Le critère permettant d’apprécier la perméabilité d’une enveloppe au regard d’un critère lié aux performances énergétiques du bâtiment a un objectif différent, car articulé autour de normes différentes s’attachant essentiellement aux perméabilités vis-à-vis des flux d’air sortant à très basse pression entre 4 et 50 pascals.

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Vidéo d’une casse spontanée par inclusion NiS

Cette caméra de surveillance d'un immeuble de bureaux a enregistré le moment où une inclusion de sulfure de nickel (NiS) casse le vitrage du garde-corps situé en bas à droite de l'écran.

On distingue l'épicentre de fracture à 30 cm du sol et à 15 cm du bord du vitrage par effet de brillance des lignes concentriques qui convergent vers l'épicentre.

Casse spontanée par inclusion NiS d'une cloison séparative

Dans la plupart des cas, on ne constate ces casses que le lendemain et voici ce que l'on peut découvrir le matin lorsqu'il s'agit d'une cloison intégrale en verre trempé de 10 mm d'épaisseur.

 

Casse d'une cloison en verre trempé par inclusion NiS

 

Lexique menuiserie extérieure – Terminologie – Définitions

Petit texte que l’on peut rencontrer dans un rapport d’expertise

"Il faut remplacer les flipots de la pièce d’appui du bâti pour que la goutte d’eau du capot serreur en traverse basse du châssis à l’anglaise soit à l’aplomb du congé du rejingot devant le calfeutrement."

Que peut en déduire le néophyte sans traduction des termes spécialisés ?

Vous trouverez ici quelques définitions qui devraient permettre de clarifier cette phrase.

Affleurer

Pour des éléments juxtaposés, c'est être au même niveau. Mettre au niveau le parement de deux éléments contigus.

Allège

Elément  situé entre le niveau d'un plancher et l'appui d'une baie ; l'allège a la même largeur que la baie ou la largeur de plusieurs baies juxtaposées.

ATEx (Appréciation Technique d'Expérimentation)

Procédure rapide d'appréciation de tous produits ou procédés ne faisant pas encore l'objet d'un Avis Technique ou d'une norme.

Avis Technique

Cahier des prescriptions et des conditions de validité spécifiques à un produit ou un procédé non traditionnel permettant de conclure à une durabilité satisfaisante, équivalent au produit traditionnel.

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Oscillo-battants – Défaillance d’un doigt anti fausse manœuvre

La reproduction d'un désordre

Des quincailleries d'ouvrants oscillo-battants équipant un hôpital cassent après quelques années d'utilisation, alors qu'il s'agit de mécanismes éprouvés conventionnellement à 7 000 cycles d'ouverture et de fermeture.

L'examen du placement d'un des doigts de verrouillage sur sa gâche permet d'échafauder une hypothèse :

Les usagers tournent la poignée de condamnation avant de refermer le vantail, ce qui, par effet de bras de levier, permet de développer une force susceptible de casser l'élément du mécanisme qui supporte la fenêtre.

La reproduction de cette fausse manœuvre a permis de démontrer qu'il était possible, sans forcer excessivement sur le vantail, de reproduire la casse du pivot porteur.

Doigt de verrouillage des oscillo-battants en fonctionnement normal
Doigt de verrouillage des oscillo-battants en fonctionnement anormal

Cette expérience a permis d'établir, qu'en cas de fausse manœuvre, la position des doigts de verrouillage du cadre ouvrant peut avoir des conséquences graves sur sa solidité, critère dont il n'est jamais tenu compte lors des conceptions.

Des essais de manipulations réelles pourraient mettre en évidence bon nombre de fragilités de ce type dont les essais conventionnels ne rendent pas compte, considérant, tant les mécanismes "anti-fausse manœuvre", que les usagers, comme infaillibles.

 

Vitrages feuilletés – Une piste pour les investigations

Comparer ce qui "marche" avec ce qui ne "marche" pas constitue une démarche très fiable. L'examen des parties non sinistrées en comparaison de celles affectées est souvent indispensable à la suite de l'expertise.

En effet, la formule "toute chose étant égale par ailleurs" prend alors tout son sens puisqu'elle permet souvent d'identifier le paramètre associé au litige ou au désordre.

Au cours d'une expertise concernant des casses nombreuses et répétitives de vitrages feuilletés épais intégrant un composant décoratif laminé mince (face présentant des stries en relief), il a été constaté que les vitrages étroits (15 cm de largeur) dont les stries étaient transversales, présentaient très peu de casses au regard de ceux de même largeur présentant des stries longitudinales.

Cette seule observation a conduit à découvrir que le composant laminé en cause présentait des ondulations perpendiculaires aux stries liées à son laminage, lesquelles produisaient des contraintes de flexion axées lors de l'assemblage ; ceci uniquement lorsque la dimension du vitrage dépassait la longueur d'une onde (20 cm).

Vitrages feuilletés étroits avec laminage stries longitudinales
Vitrages feuilletés étroits avec laminage stries transversales

Aucune mise en garde explicite du fabricant, ni tolérance de planéité pouvant être contrôlée lors de la réception avant assemblage, ne permettait à l'assembleur du vitrage feuilleté de modifier sa pratique qui donnait jusqu'alors satisfaction pour les autres produits décoratifs laminés du même type.

Une plus grande clarté dans les renseignements techniques fournis par les fabricants verriers et une pratique plus scientifique des assembleurs éviteraient de nombreux contentieux.