Verre trempé – Difficultés du diagnostic des casses

Dans la plupart des cas de bris, les vitrages rompus ont partiellement ou totalement disparu avant que des examens concernant les causes de leur disparition n'aient été pratiqués.

Il n'est donc pas possible, dans bien des cas, de déterminer l'origine de la casse autrement que par l'observation des dégâts sur les composants voisins moins fragiles encore en place et présentant les traces des mêmes agressions ou en observant méticuleusement les vestiges des parties du vitrage encore en œuvre.

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Vidéo d’une casse spontanée par inclusion NiS

Cette caméra de surveillance d'un immeuble de bureaux a enregistré le moment où une inclusion de sulfure de nickel (NiS) casse le vitrage du garde-corps situé en bas à droite de l'écran.

On distingue l'épicentre de fracture à 30 cm du sol et à 15 cm du bord du vitrage par effet de brillance des lignes concentriques qui convergent vers l'épicentre.

Casse spontanée par inclusion NiS d'une cloison séparative

Dans la plupart des cas, on ne constate ces casses que le lendemain et voici ce que l'on peut découvrir le matin lorsqu'il s'agit d'une cloison intégrale en verre trempé de 10 mm d'épaisseur.

 

Casse d'une cloison en verre trempé par inclusion NiS

 

Vitrages feuilletés – Une piste pour les investigations

Comparer ce qui "marche" avec ce qui ne "marche" pas constitue une démarche très fiable. L'examen des parties non sinistrées en comparaison de celles affectées est souvent indispensable à la suite de l'expertise.

En effet, la formule "toute chose étant égale par ailleurs" prend alors tout son sens puisqu'elle permet souvent d'identifier le paramètre associé au litige ou au désordre.

Au cours d'une expertise concernant des casses nombreuses et répétitives de vitrages feuilletés épais intégrant un composant décoratif laminé mince (face présentant des stries en relief), il a été constaté que les vitrages étroits (15 cm de largeur) dont les stries étaient transversales, présentaient très peu de casses au regard de ceux de même largeur présentant des stries longitudinales.

Cette seule observation a conduit à découvrir que le composant laminé en cause présentait des ondulations perpendiculaires aux stries liées à son laminage, lesquelles produisaient des contraintes de flexion axées lors de l'assemblage ; ceci uniquement lorsque la dimension du vitrage dépassait la longueur d'une onde (20 cm).

Vitrages feuilletés étroits avec laminage stries longitudinales
Vitrages feuilletés étroits avec laminage stries transversales

Aucune mise en garde explicite du fabricant, ni tolérance de planéité pouvant être contrôlée lors de la réception avant assemblage, ne permettait à l'assembleur du vitrage feuilleté de modifier sa pratique qui donnait jusqu'alors satisfaction pour les autres produits décoratifs laminés du même type.

Une plus grande clarté dans les renseignements techniques fournis par les fabricants verriers et une pratique plus scientifique des assembleurs éviteraient de nombreux contentieux.