RT2012 ou RT2005 – Le contrôle de la conformité

Les mesures de perméabilité des façades

Aujourd'hui, les façades légères sont soumises à des critères de perméabilité extrêmement restrictifs et de nombreux litiges naissent après la construction, remettant en cause la perméabilité à l’air des façades alors qu’elles étaient justifiées par un classement AEV.

La pratique actuelle consiste à tester en laboratoire un élément de façade, de manière à en valider les performances au regard d’une norme qui considère la perméabilité comme un élément du confort, pour des pressions comprises entre 50 et 600 pascals.

Le prototype du concept utilisé est classé AEV, puis reproduit industriellement en usine et monté sur le chantier pour constituer la façade au plus près des caractéristiques obtenues lors de cet essai.

Le critère permettant d’apprécier la perméabilité d’une enveloppe au regard d’un critère lié aux performances énergétiques du bâtiment a un objectif différent, car articulé autour de normes différentes s’attachant essentiellement aux perméabilités vis-à-vis des flux d’air sortant à très basse pression entre 4 et 50 pascals.

Il est pour ainsi dire impossible de contrôler en cours de chantier le résultat au niveau d’un bâtiment de bureaux entier et les mesures ʺd’infiltrométrieʺ proposées en cas de litige sont d’une fiabilité très relative lorsqu'elles visent une partie isolée comme expliqué ci-après.

L’essai classique consiste à injecter de l’air dans le bureau testé à l’aide d’un gros ventilateur (porte soufflante) pour obtenir la pression souhaitée, et de mesurer ensuite la quantité d’air qu’il est nécessaire d’injecter pour maintenir cette pression.

Fig 1 : Cas d’une façade simple (fenêtre posée au nu intérieur ou en tunnel).

RT2012 - Essai à la porte soufflante pour la perméabilité d'une façade posée au nu intérieur

Fig 2 : Cas de la façade bandeau où les fuites d’air latérales (zones roses) ne doivent pas être comptabilisées.

RT2012 - Essai à la porte soufflante pour la perméabilité d'une façade posée au nu intérieur

Comme l’air entrant (flèche verte) doit compenser l’air sortant (flèches bleues), en mesurant le débit de l’air entrant par le ventilateur, on connaît la perméabilité de toute l’enveloppe du bureau.

Cependant la façade d’un bureau ne représente qu’une des 6 parois fermant le bureau, les autres étant constituées des 3 cloisons, du plafond et du plancher. La perméabilité que l’on mesure globalement pour le bureau intègre donc les fuites d’air passant par les cloisons le plafond et le plancher.

La perméabilité que l’on mesure est donc toujours supérieure à la perméabilité de la façade sans que l’on sache exactement évaluer la différence.

Dans certaines configurations (figure 1), il est possible d’isoler la menuiserie à mesurer (par exemple au moyen d’un film de polyane) en procédant par différence (avec et sans le film).

Cependant, les configurations de façades modernes (figure 2) interdisent toute mesure locale de ce type.

C’est le cas des façades rideaux ou bandeaux dont une partie des étanchéités à l’air se trouve sur la face externe avec des communications inter-cellules impossibles à évaluer en m3/h.

Ce type de test n’est donc pas adapté au contrôle de la conformité aux RT2005 ou RT2012.